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Afrique : d’anciens chefs d’État contre le troisième mandat

Afrique : d’anciens chefs d’État contre le troisième mandat

“Non à un troisième mandat sur le continent”. C’était lors du sommet extraordinaire à Niamey au Niger, qui s’est terminé ce 04 octobre. Des anciens chefs d‘État africains d’afrique de l’ouest, parmi lesquels Nicéphore Soglo du Benin, Goodluck Jonathan du Nigeria, Mahamane Ousmane du Niger et Ellen Johnson Sirleaf du Libéria.

Organisée par le National Democratic Institute, la rencontre vise à inciter les dirigeants du continent à respecter la Constitution de leur pays et surtout à éviter des modifications pour s‘éterniser au pouvoir. Une position soutenue par le président du Niger Mahamadou Issoufou qui ne se représente pas pour un troisième mandat en 2021. Il a rappelé que 35 pays ont limité les mandats, ce que 12 rechignent encore à faire. La limitation des mandats a également été abolie par six pays et modifiée par deux autres.

La question du troisième mandat des présidents reste encore un grand problème qui alimente des tensions politiques et sociales en Afrique du fait des modifications des textes par les présidents en exercice pour rester au pouvoir le plus longtemps possible.

L’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan a expliqué pourquoi les présidents en exercice ont du mal à quitter le pouvoir : “les éloges excessives aux présidents en exercice leur faisaient croire qu’ils sont des petits dieux et qu’il leur était impensable de quitter leurs fonctions”. Ajoutant : ” la crainte de persécution après l’exercice de ses fonctions rendait difficile la renonciation au pouvoir d’un président en exercice”. Il a appelé à créer “un environnement dans lequel les gens vont croire qu’il y aura une vie après le pouvoir. Que si tu quittes ton poste, tu ne devrais pas être persécuté. La manière dont nous gérons en tant que présidents et anciens présidents est importante. La première mesure est de briser cette crainte qui fera qu’un président en exercice craigne de quitter ses fonctions”.

Il a poursuivi : “les Africains sont parfois leur propre problème car nous pensons toujours que nos présidents sont de petits dieux. Que quelqu’un soit président ne signifie pas qu’il est un dieu. Nous avons une tradition de chants et de louanges. Nous avons tendance à donner à nos présidents le nom qu’ils ne méritent pas.”

“Nous avons tendance à trop louer les présidents en exercice et à leur faire croire qu’ils sont de petits dieux. Quand nous faisons penser à un président en exercice qu’il est ‘dieu’ et qu’il est le seul à pouvoir diriger les affaires de la nation alors la personne sera là; personne n’enlève dieu”.

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